Comprendre

Le cyclone dans le Sud Ouest de l'Océan Indien


Le cyclone tropical est une perturbation atmosphérique associée à une dépression très creuse, générant des vents tourbillonnaires violents dépassant le seuil des 117 km/h (force 12 Beaufort) en vitesse moyenne sur 10 minutes près du centre. Les cyclones s'accompagnent généralement de pluies diluviennes et d'une très forte houle dite cyclonique. Leur déplacement peut être rapide (700 à 1 000 km par jour).
Sur les images satellitales, le cyclone se présente sous la forme d'une énorme masse nuageuse, organisée en bandes spiralées qui convergent vers le centre du système appelé "oeil". Les vents autour du cyclone tournent dans le sens des aiguilles d'une montre comme dans toutes les dépressions de l'hémisphère sud (ils tournent dans le sens opposé dans l'hémisphère nord). 


Un cyclone met en jeu une énergie considérable qui peut égaler 5 fois la puissance de la bombe Hiroshima par seconde. Cette puissance laisse entrevoir les effets dévastateurs que peuvent entraîner ces phénomènes. Les trois dangers majeurs cycloniques sont liés à l'action du vent, de la pluie, et de la mer (houle cyclonique et marée de tempête).

LE VENT 

La force du vent et les changements brutaux de direction peuvent occasionner des dégâts considérables. Son pouvoir destructeur n'est pas proportionnel à sa vitesse mais au carré de celle-ci. Un vent de 200 km/h sera 4 fois plus dévastateur qu'un vent de 100 km/h. Outre ses effets mécaniques, le vent peut transformer des objets lourds en véritables projectiles. Au centre du cyclone, dans l'œil, les vents sont faibles.
Dès que l'œil est passé, les vents reviennent brutalement aussi violents qu'auparavant mais soufflent alors dans le sens contraire. Le relief joue un rôle très important. Il contribue à protéger temporairement certaines zones et renforce, à l'inverse, l'effet du vent sur d'autres secteurs. Certaines régions peuvent ainsi, être brutalement exposées à un vent très fort.

LES PRECIPITATIONS

 Les précipitations sont très variables suivant les cyclones (cyclones "à vent" ou "à pluie"); une grosse dépression peut parfois entraîner plus de pluie qu'un cyclone. Ces pluies torrentielles provoquent inondations, coulées de boue et glissements de terrains. Ces précipitations sont renforcées par la présence du relief. A La Réunion, cet aspect donne une importance considérable aux pluies qui atteignent tous les records; les quantités cumulées de précipitations sont d'autant plus importantes que le cyclone se déplace lentement. De même, les effets destructeurs sont plus importants si le sol était déjà détrempé. Ainsi, les premières pluies sur sol sec seront moins propices aux glissements de terrain mais l'érosion superficielle sera plus importante.

LA HOULE

 Au cœur du cyclone, les vents très forts génèrent par frottement avec la surface de la mer des vagues énormes. Cette houle, qui peut atteindre une dizaine de mètres (maximum de 25-30 mètres), se déplace généralement plus rapidement que le cyclone qui l'a engendrée. Elle est donc un signe précurseur de la dépression. A La Réunion, cette houle cyclonique touche généralement le nord-est de l'île, à l'inverse des houles polaires formées par les profondes dépressions du sud, qui frappent le sud-ouest.

STATISTIQUES SUR LES CYCLONES


Dans le monde, on observe en moyenne chaque année près de 85 tempêtes tropicales dont environ 45 atteignent le stade de cyclone tropical. Dans le bassin sud-ouest de l'Océan Indien, une douzaine de systèmes dépressionnaires tropicaux sont observés en moyenne par an. Neuf atteignent au moins le stade de tempête tropicale modérée et sont donc baptisés; quatre d'entre eux atteignent le stade de cyclone tropical. Mais la variabilité inter-annuelle est très importante. La saison cyclonique s'étend habituellement du mois de novembre au mois d'avril, avec une concentration de risques entre janvier et mars. Parfois, des perturbations tropicales peuvent se former en dehors de ces dates, voire même en plein hiver austral (cas de la dépression tropicale observée en août 1 996).

La rotation des vents autour de la dépression est due à la rotation de la Terre (force de CORIOLIS). Plus on se rapproche de l'œil du cyclone, plus les vents et les précipitations se renforcent, atteignant des conditions paroxysmiques au niveau du "mur de l'œil": le gradient de pression y est maximal et les rafales de vent peuvent dépasser les 300 km/h. A l'intérieur de l'œil existe un calme relatif avec des vents faibles et un ciel souvent peu nuageux. La masse nuageuse associée au phénomène, a un diamètre, en général de quelques centaines de kilomètres mais peut atteindre dans certains cas, 1000 voir 1500 km. Quant à l'œil, il a un diamètre variant, en moyenne, de 20 à 50 km, mais pouvant atteindre à l'occasion une centaine de kilomètres.

 VIE D'UN CYCLONE 

Formation d'un cyclone - la cyclogénèse
- Les dépressions se forment durant l'été dans la Zone de Convergence Intertropicale (ZCIT), siège de conflit entre l'alizé austral de sud-est et l'alizé boréal de nord-est, généralement entre le 10ème et le 20ème parallèle, la faiblesse de la force de CORIOLIS empêchant la formation de tourbillons dépressionnaires à proximité de l'équateur.
Les principales conditions nécessaires à la cyclogénèse sont:
-Température de mer élevée (plus de 26,5° C).
-Existence d'un tourbillon initial. -Mouvements verticaux importants(instabilité) et humidité (présence d'amas nuageux).
-Renforcement des vents sur une ou plusieurs faces de la dépression initiale, accentuant le mouvement tourbillonnaire (poussée de mousson ou d'alizé).
-Présence en haute altitude d'une zone de divergence permettant l'écoulement du flux vertical créé par la convection.

Pour simplifier, un cyclone fonctionne un peu comme une cheminée aspirant à la base de grandes quantités d'air humide et les rejetant en altitude. Pendant leur ascension, les masses d'air vont subir une rapide baisse de pression (détente) et par suite un refroidissement important, provoquant la condensation de la vapeur d'eau, d'où la formation de nuages et de précipitations.
Trajectoire Dans le sud-ouest de l'Océan Indien, les trajectoires sont souvent "chaotiques". Trois types de trajectoires sont relativement classiques : type parabolique, débutant généralement au nord-est de La Réunion pour finir vers le sud-est, type zonal est-ouest,, type méridien nord-sud. Les trajectoires peuvent être beaucoup plus surprenantes
intensité

La classification utilisée dans le sud-ouest de l'Océan Indien est la suivante :
Dépression tropicale apparition d'une circulation tourbillonnaire près du centre, avec des vents moyens entre 52 et 62 km/h (7 Beaufort).
Tempête tropicale modérée vents moyens entre 63 et 88 km/h (8 à 9 Beaufort).
Forte tempête tropicale vents moyens entre 89 et 117km/h (10 à 11 Beaufort).
Cyclone tropical vents moyens entre 118 et 165 km/h (12 Beaufort, ouragan).
Cyclone tropical intense vents moyens entre 166 et 212 km/h.
Cyclone tropical très intense vents moyens supérieurs à 212 km/h. Il est à noter que les rafales dépassent en général de 50% les vents moyens sur 10 minutes.

Mort d’un cyclone: Pour qu'un cyclone se forme et survive il lui faut de l'énergie. Celle ci est fournie par les eaux chaudes de la mer. Quand la perturbation arrive sur le continent ou sur une surface d'eau plus froide, elle se désagrège et disparaît, faute d'énergie suffisante. L'autre grande cause de la mort des cyclones est l'apparition d'un "cisaillement" vertical du vent au-dessus du tourbillon de surface qui contribue à désactiver le phénomène



(Extraits de: Académie de la Réunion)